Par le radeau de la tristesse
Mal à l'aise dans cet endroit maudit
Refletant toutes mes faiblesses
Après tant de temps passé
Dans cette solitude éternelle
Je me suis dite habituée
A ce sentiment irréel
Et pourtant, aussi dur qu'il puisse être
Celui-ce me plonge dans un monde a part
Sans personne pour y régner en maître
Un lieu sans grilles de fer ni remparts
Mais après y être entrée
Mon existence s'est vidée de sens
Mon coeur, de battre s'est arrêté
Se sont envolées toutes mes espérances
Je parcours ce fleuve de long en large
Apercevant des visages en pleurs
Je sais qu'il faudrait tourner la page
Où sont écrits tous mes malheurs
Le soleil vient de disparaître
Derrière les hautes montagnes
Longeant cette étendue d'eau inerte
Qui, depuis longtemps, stagne
Si tu me demandes pourquoi je suis ici
Je te repondrais que c'est toi qui m'y a amené
Si tu me demandes s'il y a une sortie
Je te dirais qu'il n'y en a plus depuis que mon coeur s'est brisé
C'est à ce moment que tu as compris
Que je ne reviendrais pas
Que ma vie était finie
Et que c'était à cause de toi
Si seulement tu n'étais pas parti
Si j'avais pu te retenir
Je vivrais peut-être le paradis
Ici je souffre le martyr
Si j'avais réussi à te dire
Tout ce que je n'ai jamais pu prononcer
Peut-être qu'au lieu de te maudire
Je me serais mise à t'aimer
Mais maintenant je suis en train de me noyer
Dans cet endroit crée par mes larmes
Dans ces méandres que mes sentiments ont fait
Je meurs comme si cela venait d'une arme
J'espérais que tu viennes me sauver
Que tu tendes ta main vers moi
Que tu me sortes de cette obscurité
Mais tu t'es eloigné pas à pas
J'ai vraiment essayé de m'accrocher
A la branche de l'arbre se tenant là
Je l'ai touchée mais elle s'est brisée
Ce bout de bois, c'etait toi
Ton visage m'est toujours apparu flou
Une image brouillée par mes yeux
Incapables de distinguer le vrai du faux
Ni même la couleur de tes cheveux
J'aurais tant voulu continuer à vivre
Passer le reste de mes jours dans tes bras
Pouvoir éternellement te suivre
Sans que tu t'écartes de moi
Je réalise à présent
Que cela n'était qu'un rêve
Et qu'à partir de cet instant
Ma douleur serait sans trêve
Je t'attendrais là-bas
Là où tout le monde atterrit
On l'appelle Au-delà
Moi j'appelle ça l'infini
Tu m'avais promis de ne jamais m'abandonner
J'y croyais dur comme fer
Et maintenant, regarde ce que tu m'as fait
Je suis quelque part où, sans cesse, je erre
Les ailes que tu m'as données
Quand tu m'as offert ton âme
En plein vol se sont brisées
Et les morceaux, coupants comme des lames
Me firent saigner les mains
Car en essayant de les ramasser
Je ne m'étais pas protégée assez bien
Je sentis ce liquide rouge couler
Mes yeux commencèrent à se fermer
Et dans cet air impur
Je sentais mon corps flotter
Mon heure est venue, j'en suis sûre
Je garderais toujours en mémoire
Tes yeux bleus m'ayant regardé
Pour la dernière fois dans cette endroit noir
N'ayant pour seule lumière cette clarté
Ces moments resteront à jamais gravés dans mon coeur
Même si tu lui as fait mal
Mais je n'épouve pas de rancoeur
Envers toi, par rapport à ces choses brutales